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DÉCO SEVENTIES : LE COIN REPAS PASSE EN MODE ANNÉES 70

Photo du rédacteur: florehuguet
florehuguet
il y a 4 jours
7 min de lecture

déco seventies​ - Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Back dans les seventies pour ce coin repas qui avait tout ce qu'il fallait pour devenir une vraie pièce forte de la maison. Un recoin directement rattaché à la cuisine, un volume sous rampant, une belle hauteur et surtout… beaucoup de potentiel.


Sur le avant, l'espace était déjà fonctionnel : une table, quelques chaises, du rangement.


Mais architecturalement, le grand mur blanc prenait énormément de place sans réellement participer au décor.


Le projet était donc tout trouvé : donner une véritable identité à ce coin repas, valoriser son volume atypique et lui apporter cette dose de couleur et de personnalité qui change tout.


L'objectif : créer un véritable espace de vie, avec une circulation plus fluide et surtout de préserver la perspective vers la grande baie vitrée et le jardin.

Et quitte à lui donner du caractère, autant y aller franchement. Direction les années 70.

Avant / après : la cuisine et le coin repas pensés comme un seul espace de vie


Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Le projet du coin repas ne peut finalement pas être dissocié de celui de la cuisine. Les deux espaces ont été pensés ensemble pour améliorer la circulation, créer du lien et conserver la perspective vers l'extérieur.


Avant les travaux, un îlot particulièrement imposant occupait le centre de la cuisine. S'il était possible de circuler de chaque côté, les passages restaient étroits et l'ensemble venait couper la perspective vers la grande baie vitrée et le jardin.


Le nouvel îlot a donc été pensé plus fin et accessible d'un seul côté, afin de libérer davantage d'espace. Il conserve pourtant une double fonction : coin repas d'un côté, plaque de cuisson de l'autre. Cette dernière intègre directement la hotte, ce qui permet de supprimer les imposantes hottes suspendues de l'ancienne cuisine et de dégager complètement le regard vers l'extérieur.


Un même plan de travail crée ensuite le lien entre les différents espaces. Il se prolonge le long de la petite niche existante avec ses carreaux de verre, où une partie de l'électroménager a volontairement été regroupée pour rester la plus discrète possible depuis le coin repas.


Cette recherche de discrétion se poursuit sur l'autre linéaire : four, micro-ondes, réfrigérateur et rangements sont intégrés dans de grandes colonnes aux façades blanches sans poignées. L'idée était de minimiser la présence visuelle des éléments techniques pour que la cuisine se lise davantage comme un espace de vie.


Côté évier, un parti pris plus audacieux : la crédence miroir habille les trois faces de la niche. Elle permet d'abord d'agrandir visuellement cet espace, mais son intérêt va bien au-delà. Le miroir capte la lumière et la fait rebondir dans la cuisine, tout en créant un jeu de reflets vers le grand mural en bois et le jardin. Selon l'angle et le moment de la journée, la niche change ainsi de perspective et semble presque s'ouvrir sur le reste de la pièce.

Un choix esthétique fort qui permet finalement de faire oublier les limites de la niche plutôt que de chercher à les masquer.


Même les équipements répondent à cette volonté de simplifier les usages : le mitigeur réunit eau filtrée, eau réfrigérée et eau pétillante, tandis que la plaque associe cuisson et aspiration.

Moins d'éléments visibles, davantage de fonctions et surtout une circulation beaucoup plus fluide : la cuisine s'efface juste ce qu'il faut pour laisser respirer l'espace et ouvrir la perspective jusqu'au jardin.

Le bois comme toile de fond de la déco seventies


Les années 70 et le bois, c'est une histoire qui fonctionne plutôt bien. Mais ici, son choix ne vient pas uniquement d'une envie esthétique.


Tout est parti d'un élément déjà présent dans la pièce : le caisson en bois qui dissimule le compteur. Impossible à déplacer, il formait un angle assez marqué dans cet espace. Plutôt que de chercher à le faire oublier, j'ai choisi d'en faire le point de départ de toute la composition.


Le grand mur blanc a ainsi été entièrement habillé dans la même teinte de bois, en suivant précisément la ligne du rampant. Le caisson existant se fond désormais dans l'ensemble et ce qui était au départ une contrainte devient presque invisible.

C'est aussi tout l'intérêt du sur-mesure : composer avec l'existant pour transformer une contrainte en véritable parti pris architectural.

Le travail ne s'arrête pas à l'habillage. J'ai intégré un jeu de petites étagères directement dans la composition afin de rythmer le grand mural tout en offrant à la cliente quelques espaces pour installer de la décoration.



Le bois clair apporte enfin cette chaleur recherchée tout en conservant beaucoup de luminosité. Il crée également un dialogue avec le bois de l'îlot de la cuisine, reliant visuellement les deux espaces.


Orange, vert olive, lie-de-vin et bois clair : la palette seventies est bien présente, mais travaillée dans une version contemporaine.

L'idée était de conserver une base intemporelle, lumineuse et chaleureuse, puis de venir la pimper avec quelques touches seventies plus affirmées. Le mobilier, la vaisselle, les luminaires et les objets décoratifs apportent la couleur et la personnalité sans prendre le dessus sur l'architecture.



Une banquette sur mesure qui se love dans le recoin


déco seventies​ - Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Une fois le grand mural en bois dessiné, le recoin prend naturellement forme. Plutôt que de multiplier les chaises ou de laisser cet espace difficile à exploiter, j'ai choisi d'y intégrer une banquette d'angle entièrement réalisée sur mesure.


Elle épouse précisément le volume disponible et permet de créer une assise généreuse autour de la table, tout en préservant une circulation fluide. Son velours vert olive apporte de la profondeur, de la douceur et cette petite référence rétro immédiatement identifiable.


Mais la banquette a aussi un deuxième talent, beaucoup moins visible : elle intègre du rangement.

Parce qu'un joli coin repas, c'est bien. Un joli coin repas qui sait aussi où cacher tout ce qu'on ne veut pas voir, c'est encore mieux !

Derrière cette banquette subsistait également un vide donnant sur le salon. Là encore, plutôt que de laisser cet espace sans véritable fonction, nous avons choisi de l'exploiter en créant une jardinière intégrée en hauteur.


Le végétal vient ainsi habiller l'arrière de la banquette, apporter de la fraîcheur au grand ensemble en bois et créer une transition naturelle entre le coin repas et le salon.


Au final, chaque centimètre trouve sa fonction : s'asseoir, ranger, végétaliser, sans jamais alourdir l'espace.



La table laquée orange, impossible de faire semblant de ne pas la voir


déco seventies​ - Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Et puis il y a LA table.


Une grande table à la finition orange laquée, brillante et franchement assumée, qui devient immédiatement le point focal de l'espace.

Ici, l'orange n'est pas utilisé comme une petite touche décorative glissée timidement dans un coussin. Il prend sa place. Et c'est justement ce qui donne autant de personnalité au projet.


Mais derrière son allure très seventies se cache aussi un vrai travail de sur-mesure. La table a été dessinée spécifiquement pour épouser les dimensions du recoin et s'adapter parfaitement à la banquette d'angle.


Ses proportions permettent de limiter au maximum l'encombrement et de préserver une circulation confortable, tout en offrant une vraie table de repas adaptée aux besoins de la cliente.


Pensée comme une pièce maîtresse, presque comme un bijou, elle a été fabriquée sur mesure à Paris. Son orange laqué contraste avec le veinage plus naturel du bois et dialogue avec le vert olive de la banquette, le bordeaux des suspensions et les touches chromées présentes dans le projet.

Une table spectaculaire, oui, mais pas au détriment de la fonction : sa forme, ses dimensions et son implantation ont été pensées pour cet espace précis.

Cette table devient aussi le symbole de la fonction première de cet espace : se retrouver.

Déjeuner, dîner, recevoir, discuter, rester un peu plus longtemps que prévu autour d'un café…

Le coin repas retrouve ainsi toute sa dimension conviviale.



Des suspensions qui accompagnent le volume


déco seventies​ - Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Sous un rampant, l'éclairage mérite lui aussi d'être pensé avec précision.

Les trois suspensions alignées au-dessus de la table permettent de redessiner visuellement une ligne horizontale et de recentrer le regard sur l'espace repas.

Leur teinte profonde, entre bordeaux et lie-de-vin, apporte une nouvelle nuance à la palette et crée un joli contraste avec le bois clair, tout en répondant à l'orange de la table et au vert olive de la banquette.


Au-delà de leur fonction, elles participent pleinement au décor. Leur forme et leur couleur en font de véritables éléments graphiques, dans la continuité de cet esprit seventies réinterprété.


Le soir, leur lumière plus basse crée une atmosphère plus enveloppante autour de la table. Le coin repas affirme alors encore davantage sa propre ambiance, tout en restant directement connecté à la cuisine.



Une déco seventies, oui. Une reconstitution des années 70, beaucoup moins !


C'est justement là que le projet devient intéressant.

Adopter une décoration seventies aujourd'hui ne signifie pas transformer son intérieur en décor d'époque. Les références sont là, mais elles sont réinterprétées : couleurs généreuses, bois, velours, luminaires graphiques, objets décoratifs…
déco seventies​ - Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

L'idée était de créer une base suffisamment intemporelle pour traverser les années, puis de lui apporter davantage de caractère à travers quelques pièces et couleurs fortes.


Dans la cuisine, cela passe notamment par des façades blanches associées à un plan de travail en Dekton dans une tonalité crème très légère. Un choix esthétique, mais aussi fonctionnel : ce matériau particulièrement résistant répond à la volonté de concevoir une cuisine pensée pour durer et être vécue au quotidien.


déco seventies​ - Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Les références seventies peuvent alors s'exprimer plus librement dans les éléments qui donnent sa personnalité au projet : mobilier, luminaires, vaisselle et objets décoratifs.

Les assiettes colorées accrochées au mur viennent notamment terminer la composition avec une touche plus spontanée et personnelle.

Le seventies donne le ton sans figer le décor dans une époque. L'ensemble reste contemporain, chaleureux, fonctionnel et surtout pensé pour durer.

Et c'est probablement ce que j'aime le plus dans ce type de projet : partir d'une inspiration forte, puis la faire complètement appartenir au lieu et à ceux qui y vivent.


Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux

Flore Huguet, architecte et décoratrice d'intérieur à Bordeaux, je conçois des espaces qui ont du sens, du caractère et surtout une vraie raison d'être.


Vous avez chez vous un recoin, un volume atypique ou une pièce qui mérite d'être repensée ?



Il se pourrait bien que l'endroit que vous regardez aujourd'hui sans vraiment le voir devienne demain votre pièce préférée.

 
 
 

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